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Ultima / Astier, Ingrid (1976-....). Auteur
Livre
Edité par Gallimard ; Impr. Floch - 2025
Un matin de Noël, Rémi, membre de l'antigang et tireur d'élite, est appelé pour assurer la sécurité de Richard Schönberg, un magnat des médias qui donne une fête au Musée des arts forains. Le policier s'arme de l'Ultima ratio, un fusil de haute précision que son ancien chef lui avait confisqué. Mais la réception tourne au drame.
Voir la collection «Collection Série noire., 2025»
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Avis des lecteurs
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Belle découverte
Je découvre cette autrice avec « Ultima » et c’est une belle surprise. J’ai été séduite par le style érudit, le vocabulaire riche et l’accumulation des connaissances dans des domaines très variés. On sent que l’autrice a véritablement creusé son sujet, qu’il s’agisse du fonctionnement des différents services de police, de la description des armes à feu, ou du monde des hackers activistes sur internet. Mais cette volonté d’exhaustivité a parfois son revers : je me suis perdue dans les méandres de la DGSI, du SDLP, de la BL2C, du DPJ, de la DSPAP, de la BRB, du SDPJ, sans oublier la BRI. J’ai également survolé la description minutieuse des attributs des voitures de luxe ou des caractéristiques des différentes armes à feu, dont le fameux Ultima. J’ai en revanche souri et parfois salivé devant l’énoncé de certains toasts et autres menus originaux, notamment ceux du restaurant Pantobaguette. J’ai aussi découvert un univers fascinant à travers l’analyse du rôle de chaque intervenant lors d’une autopsie à l’Institut médico-légal, dont celui d’une anthropologue légiste. Enfin, j’ai particulièrement apprécié le tableau de Paris sous la neige, un jour de Noël : un côté poétique inattendu, avec le Sacré Cœur et la butte Montmartre en toile de fond. On l’aura compris, l’autrice ne lésine pas dans la description minutieuse de tout ce qu’elle aborde. Qui dit polar dit meurtre. Richard Schönberg, homme tout puissant, magnat des médias et familier des plus hautes sphères politiques, a reçu des menaces de mort. Malgré cela, il maintient le fastueux réveillon de Noël qu’il a prévu pour une cinquantaine d’invités triés sur le volet. La police est sur les dents pour assurer sa sécurité, et Rémi a été sélectionné comme meilleur THP (tireur de haute précision) pour intégrer le dispositif. Un député sera malgré tout abattu à la fin du réveillon par un sniper que personne n’a vu venir. Dès lors, la machine policière se met en branle pour retrouver le meurtrier. C’est sur ce fil narratif que l’autrice ouvre une charge contre l’IA, intelligence artificielle, et ce dès la première page où elle place en exergue une citation de Francis Fukuyama, Barak Richman et Ashish Goel, chercheurs en science politique : « La concentration de pouvoir, tant économique que politique, des plateformes numériques est comme une arme chargée posée sur une table. A un moment, les gens assis de l’autre côté de la table sont susceptibles de s’en saisir et d’appuyer sur la gâchette. (…). Aucune démocratie libérale ne peut se satisfaire de confier un pouvoir politique aussi concentré à des individus, en assumant qu’ils sont animés par de bonnes intentions. » A travers son intrigue, l’autrice nous rappelle à quel point nos sociétés mondialisées sont enfermées dans des bulles de pensée par les réseaux sociaux qui favorisent les complotistes et influencent le débat politique, déstabilisant de plus en plus nos démocraties. La démarche de l’autrice est de mon point de vue à saluer, elle pose assez habilement un débat de fond et d’actualité en ces temps de fake news à profusion et de fragilisation des journalistes d’investigation.
SELLAMI AIDA - Le 23 mai 2026 à 20:59